Sur les chemins de Sihal
Flotte une brume paresseuse
Si peu épaisse
Que la tristesse
Y tranche des rigoles colossales,
Figées en traces sulfureuses,
Comme en laissent les doigts
Sur les cuirs et tissus des croix.
 
Sur les chemins de Sihal
Chaque borne est une épitaphe
A Éclia,
Née dans l'éclat,
Déifiée dans les lampes sépulcrales
Des génies au fond des carafes,
Puis morte en reculant,
Blessant Condate et ses galants.
 
Car Éclia est morte
Loin de Cuspide et d'Atalan,
Ami Poète,
Amant Athlète,
Inséparables courtisans qu'emportent,
Dans les dégoûts et les relents,
Les ambitions badines
De leurs sublimes héroïnes.
 
Et Atalan se tord,
Empoisonné par les Murènes.
Ô souvenir
De cette spire
Infiniment esclave de l'Encore
Qui charrie des marées de reines,
Multiples de Poisson
Et prêtes à gaver un Lion.
 
Cuspide et Atalan
Ont maintenant la même histoire.
Cuspide et Atalan
Montent aux cimes de la gloire.

Sihal, 14 mars 1992