J'ai du mal avec ce mec à côté,
Car il épie mes gestes.
Derrière lui, les antennes se taisent
Et se détestent.
Aprés avoir sauté,
La ferraille du ciel s'apaise.

Enfin vient l'heure de penser à celle
Qui me manque aujourd'hui.
Où vogue-t-elle ? Au delà des antennes
Et de la nuit,
Mimant la sentinelle
Du grand phare oisif qui se traîne.

Pense-t-elle à moi ? Non, je ne crois pas.
N'existe-t-elle plus ?
Dans son ailleurs, j'aimerais tant qu'elle pleure
À mon insu.
Elle aurait dans ses bras
L'enfant d'un autre et ça m'écoeure,

Car c'est ma vie sur une parallèle
Qui partirait sans moi
Et l'agonie de l'observer de loin,
Privé de choix
Et surtout privé d'elle.
Et cependant, je la rejoins

fight her sickness

À l'horizon de l'infini magma
Quand tout se mêle à tout,
Ses atomes aux miens et son amour
À rien du tout.
Moi, je ne mourrai pas,
Sans qu'elle fût morte à son tour.

Mais que je cesse avec l'éternité !
Mon temps, c'est les semaines.
Demain sera le jour de Jupiter,
Une autre scène :
Bonjour, bla-bla, café,
Rons-rons de nos vies de misère.

Il y aura ce mec juste à côté,
Il épiera mes gestes.
Derrière lui, l'image aura fondu
Dans un vent d'est
Et d'obscure clarté.
Je vais partir. Je n'y suis plus.

Sihal, 4 septembre 2002