Il balbutie des mots, sa chair est un fardeau.
Ses mains portent sa tête.
 
Le jardin botanique devient gris par moments
Il serait étonnant qu'il survive au printemps
Autour des dalles cimentées on ouvre des vieux crânes
Et les dames de l'ombre dansent comme des sultanes.
 
Le vent lui joue un air de sa folie ;
Il rêve de la nuit, la mort avant la vie.
 
Donnez-lui une idée ; le monde le dégoûte.
Une hyperfemme armée fière de son sein nu,
Drape ses errements dans un voile ténu.
Le vent lui joue un air assourdissant
 
On a tant dit sur elles.
Elles n'ont pas eu d'enfants.
 
Le sexe de leur mère leur est même inconnu.
Elles tressent des rumeurs au bord des autoroutes
Et l'A11 serpente à leurs pieds bientôt nus.
 
Sous la pluie un instant il crut voir un bunker
Parcelle rémanente d'un passé noir et blanc
Mais il était couvert de mousses d'un bleu-vert
Enracinées au sein de ces pauvres mendiants.
 
Il en fallut du temps pour tous les recouvrir.
Du temps humide et plutôt lent.
 
Le fin lézard s'endort sur la plinthe marbrée.
Il lui tranche le corps.
Il ne dit rien sur moi,
Rien qui ne porte à rire.
Les femmes primipares auront d'autres enfants.
 
Le vent lui joue un air de suicide, ses larmes sont solides.
Il faudrait qu'il décide.
 
Au moins, il se tut.
 
 

Hervé Châtelier - mars 1986 et 13 janvier 1999