(J'ai)
Dessiné ces toiles de balustres antiques,
Peint des endroits parsemés d'orgueilleuse ivraie,
Des cieux inondés d'arabesques mélodiques
Et lagunes d'eau lisse où glisse l'églantier
 
(Elle a)
Par le bleu attisée, la brûlure soigné,
Éclairé sa main blanche à l'aurore hivernale,
Et quand par leurs cheveux ma passion fut trompée
Juré que seul le noir jamais ne m'a fait mal
 
(Elle a)
Des yeux qui partagent la lune avec la nuit,
Des étoffes de joie que reflètent les arbres,
Des éclipses de cils sur ses larmes parties
Et des chaudes caresses parfumant le marbre
 
(Elle a)
Des pluies de nuages fiers de la voir voler,
Des dentelles d'éclats puisés dans des cascades
De forêts de couleurs où elle sait cacher
L'émotion qui trahit ses complices oeillades
 
(J'ai)
Dévalé vers cette ombre aux reflets symphoniques
S'amassant près de moi pour crier dans mon dos
"Vois-tu poindre en l'oubli de ton rêve honni que
Tu es, Coeur Hypocrite, amoureux de nouveau"


Hervé Châtelier - 11 décembre 1990