En son joug oublié, la minute trop lente
Se nourrit de l'aura des choses assoupies
Et mes rares idées dévalent une pente
En ruisselets chutant d'une énième insomnie.

Hélas, qui se soucie qu'ils deviennent torrents,
Pères d'horribles crues escaladant mon corps
Qui dévastent partout les objets et les gens
Et les mixent au fond d'une boîte à trésors ?

Déversés sur les murs des cieux en étagères
(Bien avant la 7e on crève d'asphyxie),
Ils me laissent perdu, la cervelle en jachère,
Les mains tenues au bord d'une autre galaxie.

Qu'importe. D'un élan je m'enroule et la visse
Dans la capsule ronde et rouillée de la nuit.
Enchantée par ce flot constellé de solstices,
Elle entrouvre une voie d'où le matin s'enfuit.

Et le matin prend place oeuvrant pour que s'inverse
Le cours des eaux pensées qu'étaient mes rêveries.
Complaisamment je retourne à ce monde adverse
Car je vais y croiser ma petite égérie.


Hervé Châtelier - 21 février 1992 et 3 février 2006