Petite ondée
Caressant mes cheveux qui ploient sous la musique
Et l'idée
Que ta jolie frimousse a des vertus magiques.
 
Petite eau douce,
Où flottent les désirs et se noient les pensées,
Qu'éclaboussent
Mes jours donnés au vide et à l'éternité.
 
Petite glace,
Quand ton pas sinueux t'emporte où je suis mort,
Sots palaces
Et laids endroits du monde écartés de mon sort.
 
Petite immense,
Tu es entre mes sens et la piètre matière.
Quand j'avance,
Tu es devant l'espace et le reste est derrière.
 
Immense femme,
On se bouscule en vain dans l'univers en feu,
On acclame,
Pour voler un regard parmi ceux de tes yeux.
 
Petite fille,
Si tu savais ce que j'ai envie de te faire,
Quand tu brilles
Et fais tomber mes yeux honteux de leur misère,
 
 
tu serais là,
sous mes doigts
qui n'écriraient pas.

Hervé Châtelier - 22 novembre 1991

(Publié dans Le damier et dans Chemins de traverses - numéro 7 - mars 2000)