Tuffeau jaune

Table des matières

Tuffeaux, Turonien(s) et Romaniceras ornatissimum

Et donc ?

Le Tuffeau jaune en général

Le Tuffeau jaune au confins du Poitou

Le Tuffeau jaune observé

Les conditions de fossilisation et de récolte

Romaniceras ornatissimum en général

La présence attestée de Romaniceras ornatissimum dans le Tuffeau jaune de Châtellerault

Les différences avec Romaniceras deverianum

Le matériel récolté

Description des spécimens

Les Collignoniceratinae

La faune accompagnante

En guise de conclusion

Remerciements

Bibliographie

Tuffeaux, Turonien(s) et Romaniceras ornatissimum

Ammonites "classiques" du Tuffeau jaune de Touraine.

Lewesiceras mantelliRomaniceras deverianum
(a) Lewesiceras mantelli - Ø 40 cm - Coll. E. Métais
(b) Romaniceras deverianum - Ø 17 cm

Subprionocyclus neptuniCoilopoceras requienianum
(c) Subprionocyclus neptuni - Ø 5 cm - Coll. E. Métais
(d) Coilopoceras requienianum - Ø 17 cm

Selon la littérature (Lecointre, 1947), les notices des cartes géologiques et diverses collections, le Tuffeau jaune de Touraine livre de rares ammonites, limitées aux espèces Lewesiceras mantelli (Wright & Wright, 1951), Coilopoceras requienianum (Orbigny, 1841), Romaniceras deverianum (Orbigny, 1841) et Subprionocyclus neptuni (Geinitz, 1850). Ces deux dernières constituent les deux indices de zones successifs du Turonien supérieur. De fait, ce Tuffeau est usuellement considéré comme caractérisant la partie supérieure du Turonien, reposant directement sur le Tuffeau blanc - dit également "Craie micacée" ou "Tuffeau de Bourré" - qui, lui, en caractérise la partie moyenne. Néanmoins, certains auteurs nuancent cette vision.

Médioni (1974), dans la notice de la feuille Châtellerault au 1/50000e, indique que les "rares faunes d'Ammonites recueillies entre la Touraine et le Nord du Poitou dans cette formation tendraient à montrer que la limite entre Tuffeau blanc et Tuffeau jaune devienne progressivement plus ancienne en direction du Sud". L'éventualité d'un début des dépôts de Tuffeau jaune au sommet du Turonien moyen est donc clairement évoquée. Malheureusement, l'auteur ne dit rien des faunes d'ammonites auxquelles il fait allusion.

Alcaydé & al. (1989), dans la feuille limitrophe de Loudun au 1/50000e, apportent de menues précisions : "En l'absence d'ammonites, il est difficile de préciser la position stratigraphique exacte du Tuffeau jaune. D'après des observations récentes faites sur les feuilles voisines, sa base pourrait encore appartenir à la zone à Romaniceras ornatissimum (Turonien moyen) ; la partie supérieure engloberait alors les zones à Romaniceras deverianum et Subprionocyclus neptuni."

Avant eux, Robaszynski & al. (1982) notaient que "au moins les deux tiers supérieurs du Tuffeau jaune recueilli lors du sondage de Civray-de-Touraine sont à attribuer au Turonien supérieur". Autrement dit, il reste un doute quant au tiers inférieur, illustré dans leur Figure 24 par la limite floue de l'occurence supérieure de l'ammonite Romaniceras ornatissimum, index de zone au sommet du Turonien moyen et historiquement citée dans la partie élevée du Tuffeau blanc de Bourré (de Grossouvre, 1889).

Figure 24 Robaszynski et al.
Extrait modifié de la Figure 24 de Robaszynski & al. (1982).

Enfin, plus récemment, Amédro & al. (2006) rappellent que, dans la région-type, Romaniceras ornatissimum a été collecté en Sarthe et en Loir-et-Cher, respectivement dans les tuffeaux blancs de Poncé-sur-Sarthe et Bourré, mais aucune mention n'est faite du Tuffeau jaune. Toutefois, leur travail est concentré sur le département de l'Aube, où la découverte récente de Romaniceras ornatissimum constitue un précédent.

Et donc ?

Romaniceras ornatissimum
Romaniceras ornatissimum du Tuffeau blanc de Bourré - Coll. Université de Rennes

Cette note a pour objectif de confirmer que Romaniceras ornatissimum est bel et bien présent dans le Tuffeau jaune, précisément aux confins du Nord du Poitou cité par Médioni, où la base de cette formation peut donc bien être attribuée au sommet du Turonien moyen. L'alternative supposant que l'espèce franchirait la limite Turonien moyen/Turonien supérieur en Touraine, peu probable, n'est pas privilégiée :

Romaniceras ornatissimum, peu fréquent mais néanmoins le fossile le plus commun (après les vers entéropneustes) dans ce Tuffeau jaune basal, cohabite avec de rarissimes Collignoniceras et une faune accompagnante clairsemée déjà signalée en grande partie dans cette formation (Nautiles, Éponges, Échinides, Vers, Gastéropodes, Ostracées, Trigonies et autres formes de bivalves).

Le Tuffeau jaune en général

Par rapport à la Craie micacée sous-jacente, le Tuffeau jaune témoigne d'une mer moins profonde. Les deux formations, comme tous les tuffeaux, sont des calcarénites, mais, ici, le sédiment est plus détritique et chargé de sable quartzeux issu du lessivage du Massif Armoricain et du Massif central. Des arrêts de sédimentation causés par l'activité de courants de fond ont laissé de fréquents hard-grounds percés de galeries de bivalves térébrants. La stratification est souvent de type entrecroisé, exprimant également l'existence de courants forts. Plus à l'est, la Pierre de Clion, faciès contemporain du Turonien supérieur, correspond à un approfondissement de la mer et à un milieu de sédimentation moins agité.

Il est à noter qu'une distinction subtile est parfois faite entre "Tuffeau jaune" et "Tuffeau jaune de Touraine". Dans la feuille de Châtillon-sur-Indre, Alcaydé (1990) mentionne que le "Tuffeau jaune" y est l'équivalent latéral du "Tuffeau jaune de Touraine" et correspond approximativement aux zones à Romaniceras deverianum et Subprionocyclus neptuni. Le Tuffeau jaune de Touraine typique est celui que l'on rencontre le long des vallées de la Loire et du Cher, ainsi que dans les vallées secondaires. Son épaisseur y est d'une trentaine de mètres. Lecointre (1947) cite en exemple la Pierre d'Écorcheveau de Saint-Avertin, attribuée à la zone à Deverianum et qui a livré Lewesiceras mantelli (Rasplus & al., 1991).

Carte
Carte des tuffeaux s. l. de la région-type, modifiée d'après Martinet & Macaire (1991). En encadré, la zone concernée, volontairement imprécise. Les numéros correspondent à des exploitations de tuffeau, généralement anciennes. (5), près de Tours, correspond à la Pierre d'Écorcheveau.

Le Tuffeau jaune aux confins du Poitou

Dans la zone géographique qui nous concerne, le Tuffeau jaune est nommé "Tuffeau jaune de Châtellerault" par Médioni. Sa puissance est réduite à une dizaine de mètres. Il est représenté par des calcarénites jaunes, compactes, dures, grossières, glauconieuses, à stratifications irrégulières, admettant quelques lits de sables quartzeux. Vers le sommet, les calcarénites passent à des sables beiges ou gris souvent remaniés. Les calcarénites elles-mêmes, lorsqu'elles sont exposées à l'air libre, s'altèrent en donnant un sable fin, brun-rougeâtre, à nodules d'hématite (Médioni, 1974).

Glauconie, Hématite et Romaniceras
Tuffeau jaune glauconieux, nodules d'hématite et Romaniceras (No 0989)

Le Tuffeau jaune observé

Ce que j'ai constaté s'accorde plus ou moins avec avec cette description. Sur une coupe fraîche, la stratification semble plutôt régulière et rarement entrecroisée ni oblique. C'est sur une coupe ancienne et altérée encore présente en 2010 qu'il a été possible d'observer une stratification entrecroisée tabulaire, limitée dessus et dessous par un litage horizontal.

Stratification entrecroisée
Stratification entrecroisée tabulaire - Photo Patrice Ferchaud - Avril 2010. Poussé par un courant, ayant ici une direction apparente droite-gauche, le sable roule sur un fond à peu près plat et arrive sur un talus où il se dépose. L'angle de la stratification est celui du talus. (Vatan, 1967).

Les hard-grounds ne sont pas explicites, sauf au sommet, et c'est plutôt une faune accompagnante d'organismes fixés (éponges et huîtres) qui témoigne de quelques séquences à substrat durci. Le plancher de l'excavation est encore constitué de ce Tuffeau jaune. La sédimentation est macroscopiquement homogène sur la hauteur de la coupe, qui atteint à son maximum 2 à 3 mètres de hauteur dans la partie post-2010 des travaux, où la plupart des ammonites ont été récoltées.

Coupe
La coupe nord-est en 2012. Le sac à dos donne l'échelle.

Dans le 1er mètre à partir du sommet, elle est par endroits interrompue par des interlits lenticulaires centimétriques sablo-argileux beiges à l'est, passant au blanc au sud. À l'ouest de l'excavation, on observe des interlits siliceux également centimétriques, toujours à proximité du sommet.

Interlits coupe est, sud et ouest
De gauche à droite, lentille sablo-argileuse beige (coupe Est), lentilles sablo-argileuses blanches (coupe Sud) et lentille siliceuse surmontée d'un banc de gros silex (coupe Ouest).

Le ciment de calcite est plus ou moins développé, donnant des zones noduleuses indurées au voisinage de portions peu solidifiées. La glauconie est abondante. Elle se présente par accumulations à des niveaux variés. L'altération des calcarénites en sable rougeâtre est confirmée, ainsi que la présence de nombreux nodules d'hématite.

Il existe enfin un niveau argilo-sableux à nodules siliceux pétri d'huîtres pycnodontes accompagnées de quelques débris de bryozoaires. Un oursin Schizasteridae complet provient également de ce banc ou d'un banc immédiatement adjacent. Sous cette forme, cet assemblage faunique est signalé par les notices des feuilles de la région dans le "Turonien supérieur" et même à la base du Tuffeau jaune de Châtellerault (Médioni, 1974). Mais il est ici plus riche en organismes et offre une abondante faune benthique complémentaire (Bivalves et Gastéropodes), très confidentielle dans les autres niveaux. Une loge d'un phragmocône d'ammonite en cours de détermination, dont la conservation est beaucoup plus fine que dans les autres niveaux, y a été récoltée. Ce banc remarquable a été situé dès 2010 dans le plancher de notre exploitation par Patrice Ferchaud, ce qui confirme l'observation de Médioni. Mais des blocs décimétriques isolés proviennent aussi d'une zone post-2010 n'ayant pas été creusée profondément (1 m à à 1,50 m). Il sont ici considérés comme ayant été rapportés.

Pycnodonta eburnea
Pycnodonte (Phygraea) eburnea (Coquand, 1869).

Les conditions de fossilisation et de récolte

Les conditions littorales à haut niveau énergétique sont supposément un habitat peu favorable aux ammonites. Elles sont en effet rares dans le Tuffeau jaune. Lecointre (1947) pense que leurs coquilles y ont été déposées post-mortem après flottaison. Les Romaniceras, comme les Acanthoceras du Cénomanien, devaient vivre en eaux peu profondes et donc relativement proximales. D'après Maeda & Seilacher (1996), leurs coquilles conservaient alors leur flottabilité après la mort et remontaient à la surface, où elles étaient transportées jusqu'à la côte (Reyment, 1958).

Baie du Mont Saint-Michel
Sédimentation actuelle dans la baie du Mont Saint-Michel.

Rien ne vient ni appuyer ni infirmer cette hypothèse d'après les récoltes. On peut constater que les Romaniceras et les autres fossiles sont généralement complets et présentent peu de dommages, les fragments résultant de cassures récentes. Cela témoigne peut-être d'un enfouissement rapide une fois les coquilles déposées. En effet, les eaux, a priori agitées, devraient favoriser les dégâts faits aux coquilles, mais, en dehors de quelques répits, la sédimentation sableuse était probablement abondante. Le développement d'huîtres encroûtantes sur les coquilles d'ammonites ne plaide pas contre cette hypothèse. Une fois fixées, leur développement est rapide, de l'ordre de 3 ans pour les espèces actuelles. Prenons comme référence sédimentologique l'actuelle baie du Mont Saint-Michel : 15 mètres de sédiments sablo-argileux s'y sont déposés en 7000 ans, soit un clin d'oeil à l'échelle géologique. 7 années pour 1,5 cm de dépôts laissent largement assez de temps à une huître pour se développer sur une coquille avant son enfouissement complet. La présence occasionnelle de ces huîtres sur le moule interne n'indique pas, comme on pourrait être tenté de le penser, un remaniement de l'ammonite. L'huître était à l'origine fixée sur la coquille et s'est trouvée adhérant au moule interne après dissolution de l'aragonite (Breton, 2006).

Huître encroûtante
Huître encroûtante sur un Romaniceras (Ø 20 cm - non référencé) et arasement d'une face sur un autre (Ø 27,5 cm - No 1076).

La fossilisation se présente toujours en moules internes, plus ou moins arasés sur une face, généralement selon une surface complexe non plane dont certaines cavités sont parfois creusées jusqu'à la moitié du fossile. Après une exploration de plusieurs scénarios pouvant expliquer cet arasement, l'étude des spécimens montre que seule une dissolution de la face orientée vers le haut par des eaux d'infiltration peut s'appliquer à tous les cas. C'est aussi la justification la plus simple. Les courants de fond violents à l'origine des hard-grounds sont capables de décaper des couches de Tuffeau et j'avais imaginé cette hypothèse appliquée à des ammonites affleurant en surface de banc. Cependant, l'individu No 1076 vient contrecarrer cette proposition car un tour intact surplombe la partie arasée. Éventuellement, dans certains cas, la dissolution pourrait être facilitée par un remplissage initial imparfait de la coquille par le sédiment. Seulement, même les coquilles d'huître sont considérablement attaquées par cette dissolution (No 1075) qui semble se suffire à elle-même.

Romaniceras ornatissimum
Arasement d'une partie de la loge d'habitation, du sédiment emplissant l'ombilic et de deux coquilles d'huîtres - No 1075

Les détails sont rarement finement préservés. Lorsque les eaux de ruissellement ont pu s'infiltrer entre le moule interne de la face inférieure et la gangue, la détérioration est amplifiée et elles laissent alors une pellicule blanchâtre. Finalement, on n'a que très partiellement la délicatesse des ammonites du Tuffeau blanc.

Les huîtres semblent jouer un rôle protecteur du moulage. Il est plus finement cimenté et compact "sous" leur coquille. Deux raisons peuvent être imaginées : d'une part, l'adhérence de l'huître au moule est favorisée par un sédiment bien tassé dans l'ammonite d'origine et, d'autre part, plus l'adhérence est forte, plus la protection est réelle face aux eaux de ruissellement.

Les ammonites sont épisodiquement faiblement déformées, avec un plan siphonal un peu incurvé, laissant un ombilic plus ouvert sur une face que sur l'autre, ou avec un léger glissement d'un flanc par rapport à l'autre, se traduisant par des côtes obliques sur le ventre. La déformation affecte plus souvent les tours internes, déjà mal conservés, creux, voire vides, le grain grossier ne favorisant pas une propagation adapicale du sédiment par le siphon. Cette raison explique sans doute que l'on ne trouve aucune petite ammonite. Cela dévalue en outre l'éventualité d'une perforation du phragmocône et argumente en faveur de l'intégrité des coquilles avant fossilisation.

Types de préservation
Types de préservation sur un même individu - Ø 20,5 cm - No 1058

Quelques individus semblent avoir subi un deuxième remplissage des tours internes laissés vides (Fernández-López, 2000). Chez l'un d'eux (No 1058), c'est par un sable meuble roux ferrugineux. Pour éviter son écoulement, ce sable a été consolidé au Rhodopas. Il reproduit la forme des tours et l'enroulement, mais à peine l'ornementation.

Sur un autre individu (No 1024), ce remplissage a été réalisé à l'époque anthropocène avec du mortier (sable de la gangue additionné de ciment blanc) en préalable à la préparation, rendant alors un moulage externe de l'ombilic. Dans les autres cas, les tours internes sont cloisonnés quand ils sont présents. Enfin, la dissolution totale de la coquille laisse souvent un espace important entre deux tours consécutifs.

Récolte en tas
Illustration des conditions de récolte en "tas", pas toujours au soleil...

Du fait de leur rareté, aucun des spécimens étudiés n'a pu être trouvé en place dans son banc. Tous ont été extraits par les engins de terrassement et ramassés "en tas". Seul un Romaniceras a été observé en place à 2 m environ sous le sommet par Patrice Ferchaud en avril 2010. Une fouille systématique se révélerait probablement peu fructueuse, si ce n'est complètement vaine, à moins d'y mettre des moyens démesurés. Les individus détachés appartiennent néanmoins tous à cette même formation relativement uniforme sur une faible hauteur de 2 à 3 mètres, qui a dû se déposer en un laps de temps assez court, la sédimentation étant présumée copieuse malgré plusieurs répits.

Certains spécimens, creux, rougeâtres, fissurés en lamelles, emplis de terre végétale et incrustés de racines et radicelles proviennent à coup sûr du 1er mètre sous le sommet. À cet égard, il est à noter que l'un deux annonce certains caractères de Romaniceras deverianum, sans préjuger d'une relation de descendance entre les deux espèces qui mettrait à mal leur séparation subgénérique (voir plus bas). D'autres individus peuvent être attribués au 1er mètre simplement parce que l'excavation ne dépasse pas cette profondeur à l'endroit de leur découverte. Ils portent en outre des traces de ruissellement. Un individu robuste provient de ce niveau. Enfin, d'autres, "propres", cohérents, conservés dans un tuffeau compact, sont peut-être plus anciens dans le sédiment. Cette différence d'aspect due à l'altération du sommet est observable sur la coupe, mais il n'y a en réalité guère de distinction lithologique à l'oeil et la population reste globalement homogène. À pondérer peut-être par l'acuité perfectible de l'oeil en question pour ce qui est de la sédimentologie...

Romaniceras en place Romaniceras incrusté de racines

À gauche : seule ammonite en place - Photo Patrice Ferchaud - Avril 2010.
À droite : Romaniceras incrusté de racines - Avril 2013 - No 1093.

Romaniceras ornatissimum en général

Le genre Romaniceras Spath, 1923, regroupe des Acanthoceratidae exclusivement turoniens dont l'origine n'est pas très claire mais qui montrent d'évidents caractères d'Euomphaloceratinae : multituberculation et tours internes constrictés. Il existe une certaine convergence morphologique avec Acanthoceras, genre dans lequel ils ont été longtemps classés, ou Calycoceras sans lien phylétique direct. Cela laisse néanmoins supposer des habitats et modes de vie similaires. Comme chez ces deux genres et beaucoup d'autres Acanthoceratidae, la variabilité intra-spécifique est importante.

Romaniceras a été divisé en plusieurs sous-genres, d'abord sur la base du nombre de rangées de tubercules (Kennedy & al., 1980), sans que cela n'ait forcément une signification phylogénétique : 9 rangées pour Romaniceras, 11 pour Yubariceras Matsumoto, Saito & Fukada, 1957, et 13 pour Obirariceras Matsumoto, 1975. Y ont ensuite été rattachés deux autres sous-genres (Wright & al., 1996) : Shuparoceras Matsumoto, 1975, qui possède 9 rangées de tubercules comme Romaniceras str. s. mais qui reste constricté à maturité et Neomphaloceras Matsumoto & Obata, 1982, qui regroupe des formes presque homéomorphes du genre supra-cénomanien Euomphaloceras Spath, 1923, mais portant une rangée additionnelle de tubercules latéraux.

Ammonites deverioides
Ammonites deverioides Grossouvre - Bourré - Ø 12,25 cm

Seuls les sous-genres Romaniceras et Yubariceras sont présents en Europe. Ils seront peu utilisés dans cet exposé. En France, les espèces sont restreintes à Romaniceras (R.) kallesi, R. (Y.) ornatissimum et R. (R.) deverianum qui se succèdent dans le temps, du milieu du Turonien moyen jusqu'au Turonien supérieur. D'anciennes espèces ont été mises en synonymie avec certaines d'entre elles : Ammonites deverioides Grossouvre, 1889, Acanthoceras bizeti Grossouvre, 1901, Romaniceras uchauxiense Collignon, 1939, pour les plus connues en France. Néanmoins, de véritables espèces affines sont encore sans doute différenciables.

Romaniceras ornatissimum, qui nous intéresse au premier chef, a été révisée par Kennedy & al. (1980). Comme vu plus haut, leurs spécimens de Touraine et des alentours proviennent tous du Tuffeau blanc dit de Bourré. Les autres sont indien (l'holotype), californiens, texans et japonais. Au Japon, elle atteindrait le Turonien supérieur selon Matsumoto (1975, papier que je n'ai pas consulté). L'espèce est également présente dans le Vaucluse, au Liban, en Israël, en Tunisie, à Madagascar et au Mexique.


Ammonites deverioides var. armata
Ammonites deverioides var. armata Grossouvre - Poncé - Ø 16,5 cm

Ammonites deverioides
Ammonites deverioides var. inermis Grossouvre - Poncé - Ø 17 cm

Les tours internes sont constrictés jusqu'à 50 mm de diamètre environ. Les spécimens ont de 25 à 35 côtes par tour. Les principales naissent à l'ombilic à partir d'une bulla, où peut s'opérer une bifurcation. Des côtes intercalaires démarrent plus ou moins haut sur le flanc. Il y a, nous l'avons déjà vu, 11 rangées de tubercules sur le pourtour complet de la section. Les tubercules ombilicaux sont généralement bulliformes. Les latéraux sont bulliformes ou arrondis ou coniques. Les autres peuvent être arrondis à claviformes. Il existe une importante variation en ce qui concerne la force relative et l'espacement des tubercules, bien que le latéral soit très souvent fort.

Trois pôles morphologiques sont distingués. Deux constitueraient des formes macroconques. De Grossouvre les avait nommés respectivement Ammonites deverioides et Ammonites deverioides var. armata, ce dernier correspondant au type de Romaniceras ornatissimum, qui est une forme robuste. Ils sont reliés par des intermédiaires à toutes les tailles et sont représentatifs de la variabilité en termes d'épaisseur de la coquille et de robustesse de l'ornementation : il y a des formes plutôt minces et des formes épaisses, déprimées, évolutes avec un ombilic modérément profond, un ventre large et arrondi et une section de tour arrondie à réniforme entre les côtes. Ces formes atteindraient une grande taille, jusqu'à 500 mm. Les individus que j'ai pu voir en figuration ou avoir en main dépassent juste 300 mm, ce qui est déjà respectable pour une ammonite massive.

Le troisième pôle est supposé regrouper les formes microconques. Il s'agit de l'Ammonites deverioides var. inermis Grossouvre, forme mince à faible expansion dont les tubercules, subordonnés aux côtes, peuvent disparaître dans leur ensemble à partir de diamètres de l'ordre de 100 mm. Les juvéniles sont liés par des intermédiaires aux formes précédentes, mais les adultes sont distincts.

La présence attestée de Romaniceras ornatissimum dans le Tuffeau jaune de Châtellerault

Les tours très internes de nos individus, généralement plus ou moins dissous et sableux, donnent peu d'informations. On ne peut y observer le stade constricté "Tunesites", décrit par Kennedy & al. (1980). En revanche, la présence des 11 rangées de tubercules (2 ombilicales, 2 latérales, 2 latéro-ventrales internes, 2 latéro-ventrales externes, 2 ventrales et une siphonale) caractéristiques du sous-genre Yubariceras a été mise en évidence sur plusieurs individus. Comme vu plus haut, Romaniceras ornatissimum est la seule espèce du sous-genre Yubariceras reconnue en Europe. La détermination spécifique devrait donc s'en trouver simplifiée, même s'il faut toujours rester circonspect.

Les rangées de tubercules
Les rangées de tubercules au complet sur une face. Le tubercule latéro-ventral interne est faible.

Les rangées de tubercules
Les rangées de tubercules sur un individu fragmentaire. Taille 12,7 cm - No 1074 - Tours internes grossis 2x par rapport au tour externe. Le tubercule latéro-ventral interne y est très net.

On remarquera donc que la forme générale très massive des coquilles, notamment les loges d'habitation des grands adultes, s'accorde parfaitement avec les figurations des Romaniceras ornatissimum du Tuffeau blanc (De Grossouvre, 1889, Kennedy & al., 1980).

Comparaison exemplaire Kennedy
À gauche, grand Romaniceras ornatissimum de Poncé figuré par Kennedy & al. (1980) - À droite, grand Romaniceras ornatissimum du Tuffeau jaune - No 1061.

Les différences avec Romaniceras deverianum

Kennedy & al. (1980) décrivent longuement Romaniceras deverianum. Bien sûr, la différence principale tient au nombre de rangées de tubercules : 9 chez deverianum et 11 chez ornatissimum. Mais, dans la population du Tuffeau jaune, la rangée latéro-ventrale interne s'affaiblit précocement et semble parfois absente à cause des conditions de fossilisation. Il y a donc d'autres caractères à prendre en compte.

La section du tour de deverianum est plus nettement polygonale, avec une aire ventrale moins large. La côte est chanfreinée en gouttière entre la rangée ventrale et la rangée latéro-ventrale. Chez les individus épais, cette caractéristique s'atténue et il peut y avoir un rapprochement avec les individus "fins" de Romaniceras ornatissimum, qui reste cependant moins anguleux. Lorsque l'on dispose d'une population suffisante, le doute n'est plus possible. Ici, la majorité des individus sont des ornatissimum robustes que l'on ne peut confondre avec deverianum.

Deverianum possède des côtes principales simples nombreuses, très serrées voire presque en contact dans les tours internes, rectilignes à flexueuses avec le tubercule ombilical projeté vers l'intérieur de l'ombilic. De Grossouvre (1889) ajoute que ce tubercule ombilical est nettement plus développé que chez "Ammonites deverioides" (=Romaniceras ornatissimum). En corrolaire, les côtes intercalaires sont beaucoup moins fréquentes chez deverianum. Encore une fois, cette distinction correspond à notre population, à l'exception d'un individu qui possède néanmoins les paramètres d'involution et la section de Romaniceras ornatissimum.

Comparaison deverianum et ornatissimum
À gauche, Romaniceras deverianum du Vaucluse - Coll. C. Baudouin - Ø 19,5 cm - À droite, Romaniceras ornatissimum du Tuffeau jaune - Ø 23,5 cm - No 1070.

Chez l'adulte de deverianum, le tubercule siphonal a tendance à s'allonger dans le sens spiral. Chez ornatissimum, ce n'est pas le cas et, comme les autres à l'exception du latéral, il est ingéré par la costulation.

Enfin, chez les individus les moins renflés de deverianum, les tubercules latéro-ventraux et siphonaux sont plus claviformes et moins arrondis que chez ornatissimum.

Le matériel récolté

Considérant les quelques fragments non collectés car n'apportant rien de nouveau et les autres collections (F. Diebold, E. Hourqueigal., Patrice Ferchaud), on peut dénombrer de 30 à 40 individus. 14 spécimens de ma collection ont été préparés. Ce sont souvent des coquilles complètes, chambrées, dont le diamètre intercostal varie entre 135 et 307 mm, avec une moyenne et une médiane équivalentes à 210 mm environ. Ils sont donc plus grands que ceux qui sont généralement mesurés dans la littérature, même si Kennedy & al. (1980) annoncent une taille pouvant atteindre 500 mm. J'en doute néanmoins en ce qui concerne la Touraine. Toutes les formes de grande taille tendent à devenir robustes (var. armata). Les formes de taille moyenne sont attribuables aux formes typique, robuste ou leurs intermédiaires. Des tours internes médiocres sont accessibles sur des individus accidentellement "démontés" par les engins d'exploitation.

Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum Romaniceras ornatissimum

Le matériel préparé - Ø 13,5 à 30,7 cm intercostal - tous les individus sont à la même échelle.

La variabilité touche surtout la densité et la finesse de l'ornementation, la taille à laquelle la costulation prend le pas sur la tuberculation et beaucoup moins souvent la forme de la coquille, chez les supposés macroconques, généralement de section très massive, réniforme à subrectangulaire déprimée, à région ventrale particulièrement large, plutôt arrondie dans les tours jeunes et moyens et perdant progressivement de sa convexité au fur et à mesure de la croissance. Néanmoins, cette perte de convexité se manifeste plus ou moins tôt. L'ombilic, dont l'ouverture varie dans un intervalle assez faible de 30% à 36%, est généralement profond, sauf chez l'individu No 1071 qui rappelle la var. inermis.

La perte du tubercule latéro-ventral interne semble se manifester précocement. Cependant, sur quelques grands individus exceptionnellement bien conservés (No 1061), il reste un renflement perceptible de la côte à l'emplacement théorique de ce tubercule. Sa disparition est donc probablement une question de conditions de fossilisation. Le spécimen du tuffeau de Bourré figuré plus haut illustre sa fragilité. Ainsi, les spécimens plus grossièrement préservés ne permettent souvent d'observer que 9 rangées de tubercules. Avant de réunir une population "suffisante", j'avais attribué ces premières récoltes à des variants déprimés de Romaniceras deverianum, seul Romaniceras jusqu'à présent signalé dans le Tuffeau jaune. Mais, avec l'intuition de Bertrand Matrion, l'absence de tout morphe mince ayant la section plus comprimée et nettement polygonale de certains Romaniceras deverianum, cette hypothèse devenait de moins en moins plausible. Il est vraisemblable qu'un accès à leurs tours internes permettrait l'observation des 11 rangées comme chez les autres individus.

Romaniceras ornatissimum

Deux individus, bien que de faible taille, sont pourvus de leur loge d'habitation. L'un d'eux (No 1071), déjà évoqué plus haut, semble se rapprocher de la var. inermis. À part les tubercules latéraux, sa tuberculation disparaît complètement au profit de la costulation sur la loge d'habitation, à un diamètre très modeste. Il n'est pas facile de déterminer si les dernières sutures sont rapprochées ou non. Pour l'autre (No 0989), nettement plus renflé, la mauvaise préservation des cloisons ne permet pas non plus d'évaluer son niveau de maturité. Kennedy & al. (1980) ayant déjà mis en évidence un dimorphisme sexuel chez Romaniceras ornatissimum, ce n'est pas le sujet de cette note, mais il aurait été intéressant de pouvoir vérifier cette hypothèse sur notre population.

Description des spécimens

Quand cela a été possible, les individus ont fait l'objet des prises de mesures classiques (diamètre, ombilic, hauteur et épaisseur du tour), toutes en section intercostale comme il se doit. Une face étant généralement abîmée, ce sont des demi-épaisseurs qui ont été mesurées en tenant compte de l'emplacement, plus ou moins précis, du tubercule siphonal. Le rapport e/h représente donc en réalité 2*demi-e/h et est donc approximatif. La plupart du temps, les valeurs obtenues ne font que confirmer l'impression visuelle... Les côtes primaires et ventrales ont également été décomptées sur le dernier tour, donnant un indice de "division", même s'il s'agit parfois aussi d'intercalation.

L'échantillon est trop faible pour réaliser telle ou telle étude statistique, mais les valeurs ont l'intérêt de montrer la faible variabilité dans la forme de la coquille : sans l'individu No 989, déformé, la proportion de l'ombilic varie entre 30 et 36% et a tendance à augmenter avec le diamètre. La proportion de la hauteur du tour varie entre 37 et 43% sans tendance particulière liée au diamètre, même si elle est faible chez les trois plus grands individus. Le rapport épaisseur/hauteur témoigne d'individus modérément à assez déprimés, à l'exception du No 1071, et les individus les plus grands sont les plus déprimés. La densité des côtes primaires, entre 12 et 18 par tour en deçà de 250 mm de diamètre, chute brusquement au-delà de 270 mm : entre 10 et 12. Quant à l'indice de division, il se stabilise à 2 aux grands diamètres et varie plus en deçà de 200 mm, où certains individus ont une densité parfois relativement importante, à l'oeil, de côtes primaires.

No D (mm) O (mm) H (mm) E/2 (mm) O/D (%) H/D (%) E/H Nv Np Idiv
1054 307 102 121 75 33,22 39,41 1,24 23 11 2,09
1061 300 101 118 78 33,67 39,33 1,32 23 12 1,92
1076 270 97 101 64 35,93 37,41 1,27 21 10 2,10
1070 229 71 96 31,00 41,92 28 14 2,00
1024 221 76 86 44 34,39 38,91 1,02 24 12 2,00
1058 208 65 83 40 31,25 39,90 0,96 28 17 1,65
1065 190 61 81 44 32,11 42,63 1,09 26 12 2,17
1072 165 51 68 35 30,91 41,21 1,03 29 16 1,81
1092 164 51 74 39 31,10 45,12 1,05 21 11 1,91
1071 142 43 60,4 22 30,28 42,54 0,73 27 17 1,59
1073 169 55 63 32,54 37,28
989 135 28 62 20,74 45,93 26 12 2,17

Pour voir des photographies plus grandes, les fiches classiques du site s'ouvrent en cliquant sur les petites images.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 12,7 cm

1071 a été récolté au pied d'une coupe ne dépassant pas deux mètres de hauteur. C'est un spécimen de taille modeste en comparaison de la faune du gisement (142 mm en diamètre intercostal, o=43 mm soit 30,3%, h=60,4 mm soit 42,5%). Sa section n'apparaît pas massive en regard des autres individus. Ses flancs sont subparallèles, peu bombés. Il est peu épais, mais cela est dû en partie à une légère déformation, l'ornementation ventrale étant oblique sur la loge d'habitation. Il est en effet "chambré" sur un peu moins d'un demi-tour. On aperçoit le lobe latéral des - a priori - deux dernières cloisons. Il est impossible de savoir si elles sont approximées, car les autres sutures sont invisibles. Néanmoins, il y a un changement d'ornementation sur la loge d'habitation, à partir d'un diamètre de 99 mm, qui pourrait faire penser qu'il est adulte : à part la rangée latérale, la tuberculation s'estompe au profit de la costulation. Le nombre relatif de côtes simples augmente. Sans être totalement conforme au type d'Ammonites deverioides var. inermis, c'est l'individu qui s'en rapproche le plus. Ses paramètres d'involution restent néanmoins comparables à ceux du lectotype d'Ammonites deverioides str. s.

Un peu plus d'un demi-tour interne est correctement conservé. On y observe l'ornementation classique de Romaniceras ornatissimum. Il est globalement difficile de distinguer les côtes primaires simples des côtes intercalaires longues, simplement différenciées par l'absence de tubercule ombilical et la présence d'un renflement plutôt que d'un véritable tubercule latéral, mais ce n'est pas toujours très net, la force du tubercule ombilical étant un paramètre qui varie sur un même individu. On dénombre sur le dernier tour 17 côtes primaires ou intercalaires longues et 27 côtes ventrales, soit un indice de division de 1,6, le plus faible de notre échantillon.

Il pourrait s'agir d'une forme microconque.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 15,2 cm

1072 est un beau spécimen robuste de taille modeste (165 mm en diamètre intercostal, o=51mm soit 30,9%, h=68 mm soit 41,2%), un peu arasé sur une face. La conservation des tours internes, cristallisés, est excellente. Ils étaient creux, mais pas vides, et ont été renforcés par la face arasée avant préparation. Le tubercule latéro-ventral interne y est visible, alors qu'il devient non observable sur le tour externe. Les cloisons sont peu visibles, mais il s'agit bien d'un moule interne si l'on en juge par l'espace important laissé par la dissolution de la coquille entre deux tours consécutifs. L'ombilic est profond. Les flancs sont bombés. Le ventre est large et convexe. L'allure est proche d'Ammonites deverioides var. armata, mais il est plus densément orné et la costulation devient apparemment prééminente sur la tuberculation avec la croissance, à l'exception, comme toujours, de la rangée latérale, reliée à la rangée ombilicale par une côte renforcée. On dénombre 16 côtes primaires pour 29 côtes ventrales sur le dernier tour, soit un indice de division de 1,8. Toutes les côtes primaires n'ont pas la même vigueur. Celles qui restent simples sont plus finement tuberculées au niveau des rangées ombilicale et latérale.

Encore une fois, les paramètres d'involution sont comparables à ceux du lectotype d'Ammonites deverioides str. s.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 16,4 cm

1092, dont la forme générale est proche de celle de 1072 (164 mm en diamètre intercostal, o=51mm soit 31,1%, h=68 mm) croît sensiblement plus vite en hauteur (h=74 mm soit 45,1%). Il détient même le record de l'échantillon dans ce domaine. Mais, c'est surtout la faible densité de son ornementation qui frappe par rapport à l'individu précédent (11 côtes primaires contre 16, 21 côtes externes contre 29). En revanche, l'indice de division de 1,9 reste standard.

Ce specimen robuste et à peine déprimé (e/h=105%) est morphologiquement proche de l'Ammonites deverioides str. s.. Une faune accompagnante de bivalves, accumulés dans la loge d'habitation et l'ombilic, donc un Pycnodonte, incitent à situer stratigraphiquement cet individu aux alentours du banc recelant ces huîtres, dont à un niveau assez "ancien" de l'exploitation.


Romaniceras ornatissimum

1058 est un individu de taille moyenne (diamètre intercostal de 208mm, o=65 mm soit 31,2%, h=83 mm soit 39,9%). Il était très arasé sur une face, mais a été "regonflé" au mortier. Le spécimen, terreux, était couvert et traversé par de nombreuses racines, ce qui laisse imaginer qu'il se situait originellement au sommet de la carrière. Une grande partie du dernier tour, altérée, est enduite d'une fine pellicule calcaire blanchâtre déposée par les eaux de ruissellement. Les tours internes sont remplis de sable roux (illustré plus haut).

1058 sur le terrain
Les racines descendent jusqu'à environ 1 m de profondeur. En fond : 1058 lors de sa découverte. Les traces noires sur le moule sont laissées par des racines. Certaines sont encore attachées à l'ammonite.

On dénombre difficilement 16 côtes primaires, à cause de l'altération, pour 28 côtes ventrales sur le dernier tour, soit un indice de division de 1,65 situé dans partie basse de l'échantillon.

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 16,2 cm

Ce spécimen a une allure particulière du fait de la finesse et la densité de son ornementation jusqu'au dernier demi-tour et la faiblesse de son tubercule latéral. La deuxième moitié de l'avant dernier-tour est très bien conservée. Elle montre un tubercule ombilical, presque surplombant au sommet d'un mur vertical. Cela rappelle Romaniceras deverianum, mais on remarquera que c'est aussi le cas des tours internes de l'Ammonites deverioides var. inermis figuré plus haut. Une côte, parfois à peine renforcée, rejoint radialement un tubercule latéral très petit situé à mi-hauteur, ce qui est plus haut que chez les autres individus. Là, elle s'infléchit légèrement en arrière jusqu'au tubercule latéro-ventral interne, lui aussi très faible. Puis, cette fois, elle s'infléchit fortement vers l'avant, formant une nette convexité ventrale qui relie les tubercules latéro-ventral externe, ventral et siphonal, tous de taille habituelle. Cette costulation, que l'on trouve plutôt à des diamètres nettement inférieurs, ajoute à la particularité du spécimen, apparemment néoténique.

Le dernier demi-tour reprend des caractères semblables aux autres spécimens : les côtes se renforcent, s'espacent, bifurquent ou s'intercalent plus fréquemment, dominent la tuberculation, sauf le tubercule latéral, devenu fort, et traversent le ventre sub-radialement.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 20,7 cm

1070 est un individu robuste dont la taille est proche de la médiane (229 mm de diamètre intercostal, o=71mm soit 31%, h=96 mm soit 41,9%), à ornementation régulièrement bifurquée/intercalée, l'indice de division étant exactement de 2 (14 côtes primaires pour 28 côtes ventrales) sur le dernier tour. La forte costulation domine la tuberculation, toujours à l'exception du tubercule latéral. Le phragmocône est arasé de manière typique, mais les tours internes sont conservés sur la face présentée. L'ornementation n'y est toutefois pas finement préservée. La loge d'habitation occupe un peu plus du dernier demi-tour et est abîmée à son extrémité sur les deux faces.

C'est un individu qui semble être en tous points dans la moyenne de la population et pourrait en représenter le type, si besoin en était, bien sûr.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 25,6 cm

1076 est un spécimen robuste de grande taille particulièrement évolute (270 mm de diamètre intercostal, o=97 mm soit 35,9%, h=101 mm soit 37,4%) et élégant à qui il manque une partie de la loge d'habitation, brisée par les engins d'exploitation. Il provient d'une zone n'ayant pas été creusée de plus d'un mètre sous le sommet. Il porte en outre des traces de ruissellement. Il est très arasé sur une face, mais, globalement, sa conservation est bonne, notamment celle des tours internes.

Sa loge d'habitation est typique des grands spécimens. Elle est subrectangulaire très déprimée. De grosses côtes ventrales subrectilignes traversent le large ventre. Elles sont légèrement surépaissies à l'emplacement des tubercules siphonal et ventraux. Elles relient de part en part un fort renflement - réminiscence du tubercule latéro-ventral externe - sur l'épaulement latéro-ventral, revenu à peine plus bas que le renflement ventral et formant un angle presque droit avec le flanc. La côte descend le long du flanc jusqu'au tubercule latéral très fort ou s'estompe sous la moitié du flanc pour les intercalaires. Le tubercule latéro-ventral interne et le tubercule ombilical ont disparu.

On dénombre sur le dernier tour 21 côtes ventrales pour 10 côtes primaires. C'est une densité assez faible courante, mais pas systématique, chez les grands individus. L'indice de division de 2,1 est relativelant élevé.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section intercostale au Ø de 12,9 cm

0989 est le plus petit exemplaire de l'échantillon (diamètre intercostal de 135 mm) et aussi le premier que j'ai récolté complet à Noël 2010. Il possède sa loge d'habitation. Il est difficile d'y déceler la rangée latéro-ventrale interne de tubercules et je l'avais initialement attribué à un morphe épais de Romaniceras deverianum. En réalité cette rangée est belle et bien présente.

Il est épais et très involute (o=28 mm soit 20,7%, h=62 mm soit 45,9%), mais une déformation en est la cause. L'ornementation est dense sur le phragmocône et s'espace, tout en devenant plus grossière, sur la loge d'habitation, où seul persiste le tubercule latéral. Il n'est pas possible d'établir si les dernières sutures sont approximées. Les tours internes sont très frustes.


Romaniceras ornatissimum

Ammonites deverioides
Section au Ø max de 16,9 cm

1073 est un individu incomplet, un demi-tour du phragmocône s'étant détaché lors de l'extraction. Il est possible que le dernier demi-tour corresponde à la loge d'habitation. Les cloisons ne sont pas visibles en dehors de la cassure. L'arasement irrégulier d'une face est important et bien visible en vue ventrale.

L'intérêt de ce spécimen est qu'il permet une observation directe de la section. Les sections prises au conformateur ne rendent pas compte de la convexité du mur ombilical. On peut l'observer ici. Il confirme aussi la dégradation de la préservation des tours internes en direction adapicale, le sédiment eu ayant des difficultés à atteindre les premiers tours.

Il est relativement évolute (diamètre intercostal de 169 mm, o=55 mm soit 32,5%, h=63 mm soit 37,3%), robuste, compte 8 côtes primaires sur le dernier demi-tour pour 14 côtes ventrales soit un indice de division de 1,75.


Romaniceras ornatissimum

Romaniceras ornatissimum
Sections du No 1075 - À gauche : section quasi-costale à h=4,7 cm - À droite : section des tours internes à Ø=7,5 cm env.

1075 est encore un individu incomplet avec une portion de tour externe de 160° et des tours internes présents, mais qui, comme précédemment, voient leur préservation se dégrader en direction adapicale. Ces tours sont en outre déformés comme le montre la photo de leur section. Le tubercule latéro-ventral interne y est visible.

L'ornementation est robuste, pas particulièrement dense, que ce soit sur le tour externe ou les tours internes. Ce spécimen, qui semble relativement évolute, n'a pas fait l'objet de mesures en dehors de sa taille de 168 mm.

L'arasement oblique d'une face propose des particularités intéressantes : d'une part le sédiment emplissant l'ombilic est arasé lui aussi, ce qui exclut une cause du côté d'un remplissage partiel de la coquille et, d'autre part, deux coquilles d'huîtres, l'une tapissant l'ombilic et l'autre occupant la loge d'habitation sont elles aussi arasées transversalement (voir plus haut).


Romaniceras ornatissimum

1024 est un individu de taille moyenne (diamètre intercostal de 221 mm) à ornementation robuste. Il est incomplet, la loge d'habitation n'occupant qu'un quart de tour. La tuberculation "résiste" bien à la costulation sur tout le phragmocône, puis, comme à l'accoutumée, seul le tubercule latéral reste proéminent alors que les autres deviennent des renflements sur les côtes.

Romaniceras ornatissimum
Tours internes en moulage externe (6,4 cm) et section ± intercostale au Ø de 21,5 cm.

Il est relativement évolute (o=76 mm soit 34,4%, h=92 mm soit 41,6%). Ses tours internes étaient vides, mais un moulage externe existait sur la face arasée. Il a été utilisé pour reproduire les tours internes au mortier. De fait, ils sont bien observables, mais il faut garder à l'esprit qu'il représentent l'extérieur de la coquille. Du côté de la face non arasée, en général la "bonne" face, seul l'enroulement est conservé et pas l'ornementation.

La partie visible de l'ornementation du tour interne est similaire à celle du tour externe : côtes primaires renforcées portant des tubercules ombilical, latéral et latéro-ventral. Si l'on suit cette dernière rangée au-delà du recouvrement par le tour externe, on constate qu'elle correspond à la position latéro-ventrale interne, devenue alors très faible.


Romaniceras ornatissimum

Romaniceras ornatissimum
Section intercostale au Ø de 18,8 cm

1065 est un individu de taille inférieure à la moyenne (190 mm de diamètre intercostal, o=61 mm soit 32,1%, h=81 mm soit 42,6%). Il semble muni de sa loge d'habitation qui occupe un peu plus d'un demi-tour. Il n'est pas arasé, ce qui est rare, mais possède quand même une cavité sur une face probablement due à la dissolution. Il est trapu, mais son ornementation n'est pas très robuste et plutôt dense sur le phragmocône, ce qui m'a fait qualifier cette ammonite de "robusto-fine". Il a une allure particulière liée à la proversité originale de sa costulation. Il a un indice de division de plus de 2,1 sur le dernier tour (26 côtes ventrales pour 12 côtes primaires), mais cela ne rend pas bien compte du changement de densité sur le dernier demi-tour où il y a 12 côtes ventrales avec un indice de 2.


Romaniceras ornatissimum

1074 est un fragment qui montre une portion de tour externe (a priori de loge d'habitation) et une portion de tour interne. La section est partout réniforme déprimée. Trois cloisons sont visibles ainsi que des sutures sur le tour interne, très bien conservé. On y observe du coup parfaitement le tubercule latéro-ventral interne et c'est cet individu qui a permis de trancher sans ambiguïté en faveur du sous-genre Yubariceras à l'époque où le doute persistait encore. L'ornementation est relativement lâche et forte sur le tour interne. Sur d'autres spécimens elle est encore fine et dense à au même stade de croissance.

Le spécimen est arasé d'un côté et cette fois, la loge d'habitation semblait incomplète avant cassure. Le fragment mesure 12,5 cm environ et n'a pas été utilisé pour d'autres mesures.


Romaniceras ornatissimum

Romaniceras ornatissimum
Section intercostale au Ø de 26,6 cm

1061 est un grand spécimen robuste (diamètre intercostal de 300 mm) remarquable par la forme de la section de son dernier tour, la plus déprimée (e/h=1,32) et avec une transition ombilico-latérale en pente douce de faible courbure. Ses tours internes sont mal conservés, mais ses tours externes le sont très bien et il y a un renflement sensible à l'emplacement de la rangée latéro-ventrale interne de tubercules, bien que, à l'oeil, la costulation ait largement pris le pas sur la tuberculation, toujours à l'exception du latéral.

Il est assez évolute (o=101 mm soit 33,7%, h=118 mm soit 39,3%) et on compte 12 côtes primaires pour 23 côtes ventrales sur le dernier tour, soit un indice de division modéré de 1,9.

Il ne montre pas de traces nettes d'arasement ni d'altération et ne provient probablement pas du 1er mètre sous le sommet.


Romaniceras ornatissimum

Romaniceras ornatissimum
Section intercostale au Ø de 26,5 cm

1054 est aussi un grand spécimen robuste (mais ils le sont tous à cette taille) qui représente la taille maximale trouvée jusqu'à présent sur le gisement (diamètre intercostal de 307 mm). Il est modérément évolute (o=102 mm soit 33,22%, h=121 mm soit 39,4%) et assez déprimé (e/h=1,24). En section costale, cette dépression apparaît encore plus considérable. Étant arrivé aux limites de mon conformateur, j'ai relevé la section intercostale à un diamètre de 26,5 cm. J'ai un peu modifié le relevé pour rendre compte de la convexité du mur ombilical, ce qui fait apparaître un profil plus réniforme que subrectangulaire, malgré la très faible courbure de la région ventrale.

Il montre, sur le dernier demi-tour, qui correspond à la loge d'habitation, des tubercules latéraux trés forts alors qu'ils sont nettement moins proéminents sur le phragmocône. C'est dû à l'usure pour certains, mais semble-t-il pas seulement. C'est un individu qui a gardé longtemps une ornementation assez fine, bien que peu dense, avant de devenir très robuste. Sur le dernier tour, on compte 11 côtes primaires pour 23 côtes ventrales, soit un indice de division de 2,1.

Le spécimen est arasé sur une face et assez altéré par le ruissellement sur l'autre face et provient sans doute d'un niveau élevé dans la coupe.

Les Collignoniceratinae

Une autre famille d'ammonites trouvée sur le gisement est représentée par très peu d'individus. Quatre d'entre eux, illustrés ici, appartiennent à ma collection. Un ou deux autres, qui ne sont pas de meilleure conservation, ont été collectés par Frédéric Diebold (communication 2012). Un spécimen riche en informations morphologique, appartenant à Gérard Bertrand est également illustré. Enfin, une empreinte d'un dernier a été trouvée dans l'ombilic d'un Romaniceras par Patrice Ferchaud en 2010 est présentée. Quoi qu'il en soit, le ratio de fréquence est nettement inférieur à celui des Romaniceras, qui sont déjà rares.

Les Collignoniceras du groupe papale - canthus - turoniense sans côtes ventrales bouclées

Les spécimens étudiés

Collignoniceras cf. turoniense
Collignoniceras sp. cf. turoniense (Sornay) - No 1088 - Ø 10,7 cm

1088 est une ammonite involute, d'une taille de 107 mm. Un oursin Nucleopygus incorporé à la fin du dernier tour suggère la présence de la loge d'habitation. Le stade de maturité n'est pas décelable et les tours internes ne sont pas visibles. Elle est aplatie par la déformation du sédiment. Un indice de cassure dû à un enfoncement est même disponible sur une face. On compte sur le dernier tour 7 gros tubercules ombilicaux rabotés, mais mieux conservés de l'autre côté, où ils sont d'allure mousse. L'aplatissement peut en être la cause, d'autant que ceux qui se trouvent dans la partie cassée sont moins affectés, comme si l'énergie de compaction avait été absorbée par cette cassure. Enfin, le sommet de l'un de ceux des tours internes, cristallisé, émerge de la gangue dans l'ombilic et apparaît, plus que ceux du dernier tour, très proéminent et conique. Leur écartement augmente avec la croissance.

De ces tubercules naissent des côtes grossières, larges, basses, par paires pour les 5 premiers tubercules et simples pour les deux derniers. La côte antérieure est souvent plus forte que la côte postérieure, qui est plus ou moins connectée au tubercule. La première franchit parfois le flanc sans affaiblissement, alors que l'autre est plus émoussée à mi-flanc. Entre les paires et les côtes simples, des intercalaires courtes s'ajoutent et on compte finalement 17±1 côtes sur le dernier tour. Toutes rejoignent un tubercule latéro-ventral claviforme mousse, après avoir subi un renflement, pas toujours perceptible, correspondant au tubercule latéro-ventral interne. Le tubercule latéro-ventral externe est relié par la continuité de la côte, toujours large et basse, à un clavus siphonal. Les tubercules latéro-ventraux internes, latéro-ventraux externes et clavi siphonaux sont en nombre égal. Les clavi siphonaux sont de plus en plus espacés avec la croissance et restent reliés entre eux par une crête siphonale continue. Il n'y a aucun signe de renforcement de la tuberculation latéro-ventrale.

L'appartenance du spécimen aux Collignoniceratinae Wright & Wright, 1951, ne fait aucun doute par la présence d'une carène et d'une tuberculation ombilicale, latéro-ventrale interne et latéro-ventrale externe. Une première lecture des diagnoses le rattacherait plutôt au genre Lecointriceras Kennedy, Wright & Hancock, 1980, les caractères le différenciant a priori de Collignoniceras Breistroffer, 1947, autre Collignoniceratinae du Turonien moyen de la région-type, étant :

1088, tel que décrit ci-dessus, est très près de représenter le stade de croissance moyen de Lecointriceras fleuriausianum (Orbigny, 1841), dont la description détaillée (Kennedy, Wright & Hancock, 1980) a été reprise en Français et complétée par Kennedy & Juignet in Fischer, 2006. En regard de ses nombreuses similitudes avec l'espèce d'A. d'Orbigny, la discussion peut porter sur les points suivants :

Qui plus est, il faut rester circonspect avec les diagnoses et bien peser tous les mots, les dits et surtout les non-dits, qui ne signifient pas "absence de". En effet :

Collignoniceras papale
Deux types de ventre chez Collignoniceras papale - 120 mm pour le plus grand (Kennedy & al., 1980, pl. 69, fig. 1 et pl. 70, fig. 4)

En conclusion intermédiaire, cet individu peut être interprété comme un Lecointriceras proche de fleuriausianum ou comme un Collignoniceras de la lignée papale - canthus - turoniense. Il est indispensable de disposer d'autres exemplaires pour mieux cerner son appartenance taxinomique.

Cette ammonite a été trouvée dans la partie sud-ouest (sensu fin 2012) de l'exploitation très peu profonde (<1,50m).

Collignoniceras cf. turoniense
Collignoniceras sp. cf. turoniense (Sornay) - No 1057 - Ø 10,5 cm

L'individu 1057, trouvé au même endroit, est également de taille modeste (105 mm), très involute, orné de gros tubercules ombilicaux massifs qui s'évasent en larges plateaux triangulaires finissant par s'évanouir sur le flanc. En réalité, ce sont plutôt les gorges séparant les tubercules qui semblent creusées dans le flanc. La section est d'abord subtriangulaire, admettant sa plus grande largeur au niveau des tubercules ombilicaux.

Il est médiocrement conservé, usé, et déformé, les flancs ayant beaucoup glissé l'un par rapport à l'autre. De ce fait, et selon la plupart des angles de vue, le ventre est dissymétrique, l'épaulement latéro-ventral étant globalement surélevé sur une face, formant un angle bien marqué avec la région ventrale, et abaissé sur l'autre face, où il se fond quasiment avec le flanc. Malgré cela, l'aire ventrale apparaît fastigiée, la carène arborant une crête de clavi siphonaux qui s'estompe sur le dernier quart de tour alors que la section devient elliptique. Les côtes ventrales, reliant les supposés tubercules latéro-ventraux aux clavi siphonaux restent alignées de part et d'autre de la carène, mais sont fortement obliques.

Il fut au premier abord affecté directement à une forme de Collignoniceras intermédiaire entre Collignoniceras turoniense (Sornay, 1951) et Collignoniceras canthus (Sornay, 1951). Cette vision n'est peut-être pas erronée. Il est en tout cas conspécifique avec le No 1088, bien mieux conservé, dont la découverte postérieure amena à une observation plus circonspecte :

Les similitudes avec le No 1088 l'emportent donc largement sur les distinctions, attribuables au mode plus complexe de déformation et, surtout, à l'usure encore plus importante de cet individu. Il est malheureusement peu utile pour préciser une attribution taxinomique.

Collignoniceras cf. turoniense
Collignoniceras sp. cf. turoniense (Sornay) - Coll. Gérard Bertrand - Photo Patrice Ferchaud - Ø 12,7 cm

Un spécimen additionnel (Coll. Gérard Bertrand), d'un diamètre de 127 mm, apporte de nouveaux éléments. Sa déformation semble restreinte à un aplatissement modéré. L'usure reste probablement sensible. Il possède une partie de sa loge d'habitation sur un gros tiers du dernier tour, elle devient déjà évolute et subit une considérable atténuation de l'ornementation. Il y persiste une aire ventrale fastigiée, élevée et carénée. Probablement conspécifique avec No 1088, mais plus complet, il montre que l'ornementation latéro-ventrale ne se renforce jamais avec la croissance. Par ces aspects, l'attribution envisagée au genre Lecointriceras doit être éliminée. En revanche, l'absence de cornes latéro-ventrales et leur remplacement par des bullae pincées est un caractère que l'on retrouve chez certains variants du groupe de Collignoniceras papale (voir plus haut).

À la sortie des tours internes, non conservés, émergent de gros tubercules ombilicaux coniques mousses étirés radialement. Cette ornementation, dans le genre Collignoniceras, n'est connue que chez les espèces canthus et turoniense, qui présentent en outre une taille adulte similaire à ce spécimen. De chacun de ces tubercules ombilicaux semble partir une large côte simple basse, peut-être parfois une paire de côtes dont la deuxième serait encore plus basse sur le flanc. C'est difficile à distinguer. Il y a également des côtes intercalaires similaires aux côtes secondaires. Toutes ces côtes se renforcent de façon inégale à l'épaulement latéro-ventral et, toujours larges, rejoignent un tubercule siphonal claviforme. Cette ornementation de l'aire ventrale se prolonge, en s'espaçant et s'atténuant, sur la loge d'habitation. Comme chez les individus No 1057 et No 1088, il n'y a pas de côtes ventrales bouclées, et c'est là la différence majeure avec les Collignoniceras pré-cités. La carène n'est pas dentelée, mais plutôt ondulante d'un clavus à l'autre. Une des vues ventrales illustre cependant des similitudes frappantes avec l'individu de Collignoniceras papale sans côtes ventrales bouclées illustré plus haut.

Si l'on fait abstraction de cette particularité, ce spécimen s'approche de Collignoniceras canthus par l'atténuation de son ornementation, mais celle-ci ne se manifeste pas selon le même processus. Chez canthus, les côtes deviennent progressivement plus fines, plus denses vers l'ouverture et sont légèrement infléchies, portent des clavi latéro-ventraux faibles, bas, arrondis, d'où partent des paires de côtes basses en boucles reliées à travers le ventre à des clavis siphonaux bas, formant une carène dentelée semi-continue. Vu l'usure du spécimen, rien de tout cela ne serait visible à part la carène. Ici, une ornementation reste perceptible. À l'inverse de canthus, elle semble devenir moins dense et s'atténue sans s'affiner. Elle s'approche plus de celle de Collignoniceras turoniense, dont la loge d'habitation se déroule remarquablement et se contracte, les noeuds ombilicaux déclinant en force et disparaissant vers l'ouverture alors que les côtes intercalaires n'existent plus et que les noeuds latéro-ventraux claviformes faiblissent également, mais elle en diffère par le fait que les côtes primaires de turoniense, certes affaiblies, deviennent irrégulières et rapprochées et qu'il y a beaucoup plus de côtes et tubercules ventraux que de latéro-ventraux.

Attribution taxinomique

Ces Collignoniceras involutes et de taille modeste de la lignée de Collignoniceras papale ont tous les trois le point commun notable d'être dépourvus de côtes bouclées sur le ventre, comme s'ils s'enracinaient parmi les morphes de papale présentant ce type d'ornementation, qui, en outre, semble corrélé à l'absence de cornes latéro-ventrales. Par leurs forts tubercules ombilicaux, qui les lient morphologiquement à canthus et turoniense, ils ne peuvent être attribués à l'espèce papale. Par commodité, Collignoniceras turoniense l'emportant quant au nombre de similitudes, ils sont rapprochés ici de cette espèce, mais appartiennent peut-être à un nouveau rameau. Cette dénomination appuie également leur "morphologie Turonien moyen".

La cohabitation avec Romaniceras ornatissimum

La photo ci-dessous montre l'empreinte d'une ammonite involute à forts tubercules ombilicaux et départ de côtes larges. Les flancs semblent convergents et compatibles avec l'empreinte des tours internes de Collignoniceras canthus figurée (pl. 76, fig. 3) par Kennedy & al., (1980). À mon sens, il s'agit encore d'un individu conspécifique avec 1088 et 1057 et ce fossile important montre sa cohabitation avec Romaniceras ornatissimum (Coll. Patrice Ferchaud).

Association Collignoniceras - Romaniceras ornatissimum
Association Collignoniceras & Romaniceras ornatissimum - Photo Patrice Ferchaud - 2010.

Au voisinage du péristome de ce Romaniceras se trouve une loge d'habitation de nautile Eutrephoceras sublaevigatum (Orbigny, 1850).

Autres individus remarquables

Collignoniceratinae
Collignoniceratinae indéterminé et échinides inclus, Nucleopygus & Phymosoma - No 1091 - Longueur 12,5 cm

Deux fragments d'ammonites très mal conservés ont été trouvés côte à côte dans le coin sud-est de l'exploitation (sensu fin 2012) au même endroit que le Romaniceras No 1071. Ce sont a priori des fragments de loge d'habitation. L'un deux, non figuré, montre néanmoins la suture d'une probable dernière loge. Elle est extrêmement simplifiée comme le sont habituellement les sutures d'ammonites usées : tous les éléments sont entiers, arrondis et peu profonds. On voit une large selle latérale, un lobe latéral étroit prolongé par une selle basse qui rejoint l'ombilic, simplement échancrée en son milieu par ce qui doit être un lobe ombilical. Les deux fragments, comprimés, portent une nette carène siphonale continue surplombant un ventre fastigié. Ce sont probablement des Collignoniceratinae, sans pouvoir donner plus de précisions taxinomiques qu'une simple intuition. Tout au plus, celui qui est figuré contient une accumulation d'échinides dont l'un est conspécifique avec un individu adhérant au Collignoniceras No 1088, ce qui est remarquable étant donné que ce sont les seuls oursins de ce type récoltés dans le gisement. Il y a donc une présomption de l'existence d'un banc contenant ces échinides (Nucleopygus Agassiz, 1840, & Phymosoma Haime in d'Archiac & Haime, 1853) et Collignoniceras sp., tous provenant de la partie sud.

Les moules internes de ces Collignoniceratinae sont plus volontiers sujets aux déformations et altérations intenses que ceux des Romaniceras. S'agit-il d'une spécificité physique due à leur morphologie, moins trapue ? Sont-ils issus d'un banc ayant subi une compaction particulièrement importante ? Les ammonites ayant toujours été récoltées au pied des coupes, on ne peut rien affirmer, mais juste éclairer le fait que le Romaniceras No 1071 a lui aussi subi un glissement d'un flanc par rapport à l'autre.


Collignoniceras woollgari

Collignoniceras woollgari
Collignoniceras woollgari (Mantell, 1822) - No 1090

1090 est une extrémité de loge d'habitation non déformée d'un individu de grande taille. Elle porte la toute dernière côte, ornée d'une corne latéro-ventrale et se prolonge en une longue partie tubulaire, encore pourvue d'un reste émoussé de carène ventrale. Deux Collignoniceratinae connus, normalement facilement différentiables jusqu'à ce stade de croissance, peuvent correspondre à cette description :

Voilà un véritable casse-tête sachant que quelques Lecointriceras fleuriausianum "montrent certaines particularités ornementales précédemment non reconnues prenant la forme de costules simples ou en boucles et de stries traversant le ventre de la loge d'habitation adulte" (Kennedy, Amédro, Badillet, Hancock & Wright, 1984) et que les diverses figurations ne permettent pas de trouver de véritables caractères discriminants à ce stade tant la variabilité est importante. Tout au plus : "Collignoniceras woollgari peut se distinguer de Lecointriceras en ce que ce dernier possède [...] des cornes latéro-ventrales émoussées sur la loge d'habitation de l'adulte" (Kennedy, Cobban & Landman, 2001), le terme important étant "émoussé", mais cela reste subjectif chez certains Collignoniceras woollgari...

Collignoniceras woollgari & Lecointriceras fleuriausianum
Comparaison des adultes  :
(a) Collignoniceras woollgari - Tuffeau de Saumur - Coll. Rentien - Ø 20 cm env.
(b) Collignoniceras woollgari figuré in Kennedy & al. (1980) - Tuffeau de Bourré à Poncé - Ø 20 cm env.
(c) Lecointriceras fleuriausianum figuré in Thomel (1992) - Alpes-de-Haute-Provence - Ø 23,5 cm

Finalement, cette loge d'habitation se rapporterait à Lecointriceras par l'absence de clavus latéro-ventral externe porté par la corne. Mais l'involution du fragment, la vigueur de la corne, la persistance de la carène au milieu d'une région ventrale encore relativement élevée sont autant de caractères pouvant plaider en faveur d'un Collignoniceras woollgari. En outre, la présence d'une bulla ombilicale, pouvant porter le qualificatif "évasée", ayant légèrement migré vers la corne sans fusionner avec elle oriente vers le "type 2" de cette espèce (voir Kennedy & al., 1980). J'opte donc, mais avec quelques réserves pour Collignoniceras woollgari.

La faune accompagnante

La faune accompagnante présentée ici provient du même gisement que les ammonites. Elle est éparse et comprend des organismes pouvant être adaptés à des environnements de hard-grounds qui vivent fixés au fond (huîtres, éponges) ou taraudant la boue cimentée. À l'inverse, des bivalves endobyssaux, des oursins irréguliers et des structures attribuables à des vers entéropneustes témoignent de séquences à sédiment plus meuble. Au vu de certaines faunes synchrones, le fond proposait par moments les deux types de substrat simultanément.

Les éponges

Siphonia pyriformis
À gauche : Siphonia pyriformis Goldfuss - 6,6 cm
À droite : Jerea pyriformis Lamouroux - 13,3 cm

Siphonia pyriformis Goldfuss, 1833, (Tetralithistida, Siphoniidae) est une démosponge largement répandue en Touraine dans les Argiles à Silex issues de la décalcification des craies turoniennes et sénoniennes sous-jacentes (Lecointre, 1947). J'en ramassais même, ainsi que des Micraster, dans l'enceinte du collège et lycée Grandmont à Tours où les argiles sont attribuées au Sénonien. La présence de cette éponge dans le Tuffeau jaune ne m'était pas connue. Néanmoins, l'espèce s'étend de l'Aptien au Sénonien (Lagneau-Hérenger, 1967) et son occurence dans des niveaux de la zone à Romaniceras ornatissimum n'est pas saugrenue. Un seul individu a été récolté. Elle est en forme de poire (ou étymologiquement de flamme), avec une partie supérieure un peu déprimée et une cavité centrale enfoncée (Courtiller, 1861).

Tout aussi commune dans le Sénonien de Touraine, tout aussi inconnue de ma part dans les tuffeaux turoniens, de la même famille et partageant le même nom d'espèce, Jerea pyriformis Lamouroux, 1821, (Tetralithistida, Siphoniidae) est également une démosponge. Je rapporte à cette espèce une éponge moyennement conservée de taille assez grande qui s'approche de la description donnée par Lagneau-Hérenger (1967) : "Cette espèce classique, très répandue au Crétacé supérieur, est ovoïde, pourvue d'un sommet arrondi sur lequel se trouvent de larges pores qui sont l'aboutissement des canaux qui traversent l'éponge sur toute sa hauteur. La base est rétrécie en un pédoncule étroit, de 1 cm environ de diamètre." Là encore, un seul individu a été récolté.

Aucune de ces deux éponges ne provient du niveau à huîtres Pycnodonte, contrairement à la plupart des bivalves et gastéropodes. Les démosponges actuelles occupent tous les environnements aquatiques sur Terre, des plaines abyssales aux eaux douces. Ces organismes adultes sont fixés, seule la larve est mobile et facilite leur dissémination (source Wikipedia).


Les bivalves

Pycnodonte eburnea
Pycnodonte (Phygraea) eburnea (Coquand) - 9,5 mm

Pycnodonte (Phygraea) eburnea (Coquand, 1869) est une petite huître qui vivait fixée à la surface du fond. Coquand la décrit ainsi : "Coquille exogyriforme, subvésiculaire, lisse, de très petite taille, adhérente par le sommet. Valve inférieure triangulaire, gibbeuse, faiblement lobée au dessous du crochet. Crochet libre, recourbé légèrement sur lui-même, ou bien adhérent, et dans ce cas, tronqué par une cicatrice plus ou moins grande."

Comme vu plus haut, cette petite huître apparaît en lumachelle dans le plancher de l'exploitation (2012). Ce banc est riche en faune benthique. On trouve peut-être cette lumachelle à un autre niveau qui est encore à situer sur la coupe. Cela pourrait se révéler délicat s'il s'agit d'une lentille. Cette présence est au premier abord surprenante si l'on s'en réfère à Videt (2004), à propos des lumachelles à Pycnodonte biauriculata du Cénomanien de l'Île Madame : "Comme toutes les Pycnodonte, cette espèce affectionne les zones les plus distales de la plate-forme". Mais il ajoute immédiatement : "mais nécessite pour l'édification de telles bioconstructions d'importants apports en nutriments par le biais de courants côtiers". On peut donc légitimement supposer que la deuxième condition au moins était remplie, ces courants étant aussi à l'origine des hard-grounds quand leur puissance devient suffisante.

Pycnodonte (Phygraea) eburnea est une espèce signalée par Lecointre (1947) aussi bien dans le Tuffeau blanc que dans le Tuffeau jaune.

Cucullea ligeriensis
Cucullaea (Trigonarca) ligeriensis Orbigny - 9 cm Pterotrigonia scabra
Pterotrigonia (Scabrotrigonia) scabra (Lamarck) - Moulage externe à gauche - 4,5 cm - Moulage interne à droite dans une lumachelle de Pycnodonte... - 4,7 cm

Cucullaea (Trigonarca) ligeriensis Orbigny, 1843-47, est un mollusque bivalve Pélécypode. Les Cucullaeidae actuels sont représentés par trois espèces ayant une coquille quadratique renflée. Ce sont des animaux qui vivent enfouis en surface de sédiment, leur partie postérieure étant juste recouverte ou dépassant légèrement (Oliver & al., 2006). Ce mode de vie est dit endobyssal. C'est une espèce citée jusqu'à présent dans le Tuffeau blanc du Turonien moyen, ce qui s'accorde avec les constatations effectuées ici pour les ammonites.

Pterotrigonia (Scabrotrigonia) scabra (Lamarck, 1819) est encore un bivalve Pélécypode ayant un mode de vie identique à Cucullea (Sørensen & al., 2012). Contrairement au Vaucluse, où il forme lui-même de véritables lumachelles (Roman & Mazeran, 1913, et site de Cyril Baudouin), l'espèce est ici plutôt rare, bien que régulièrement signalée dans les tuffeaux de la région.

On peut ici être surpris de trouver l'un de ces fossiles pris au milieu des huîtres pycnodontes, puisque ces dernières avaient besoin de surfaces de fixation alors que les Trigoniidae vivaient légèment enfonçés dans le sédiment. Il faut croire que les deux types de substrat se présentaient parfois simultanément, comme le suggèrent également les faunes d'échinides.

Granocardium productum
Granocardium productum (Sowerby) - Moule interne (6,7 cm) du banc à Pycnodonte et empreinte externe (même taille) d'un banc crayeux non repéré. Meretrix uniformis
Meretrix uniformis (Dujardin) - 4,5 cm

Granocardium productum (Sowerby, 1832) (Cardiidae, Cardiinae) appartient au groupe désigné par le nom vernaculaire de "coques". Le mode de vie des coques actuelles est similaire à celui des bivalves précédents : elles habitent la surface du sédiment, sables, boues, boues sableuses ou graveleuses, creusant un terrier ne dépassant pas quelques centimètres et se nourissant de nutriments en suspension dans l'eau.

L'espèce Granocardium productum est largement répandue dans le tout le Crétacé supérieur d'Europe occidentale et d'Afrique du Nord (Furon, 1935). Roman & Mazeran (1913) en donnent la diagnose : "coquille de grande taille, épaisse, inéquilatérale, ovale, très convexe : crochets bien développés, fortement recourbés et très peu déjetés en avant. Bord antérieur arrondi, se reliant au bord palléal par un contour arrondi ; côté postérieur tronqué, limité par un bord arrondi, qui se relie au bord cardinal par [un] angle assez accusé. Bord cardinal légèrement arrondi. Surface de la coquille ornée de côtes rayonnantes nombreuses et bien marquées, dans l'intervalle desquelles s'intercalent alternativement, de deux en deux côtes, des épines bien développées et des tubercules plus fins, mais plus nombreux. Bord palléal crénelé. [...] Cette espèce revêt différents aspects suivant son état de conservation.

Granocardium productum témoigne d'un milieu infralittoral et est très commun dans le banc à huîtres Pycnodonte.

Meretrix uniformis (Dujardin, 1837) [=Cytherea uniformis] (Veneridae) est une palourde très commune dans les tuffeaux de la région-type, caractéristique du faciès de l'Écorcheveau (Turonien supérieur) (Rasplus & al., 1991) où elle apparaît abondamment à différents niveaux. Ici, elle est beaucoup plus rare et n'a été trouvée que dans le banc à huîtres Pycnodonte, dans un état de conservation médiocre. Encore une fois, il s'agit d'un bivalve fouisseur près de la surface du sédiment et se nourrissant de nutriments en suspension.


Les vers

Entéropneuste
Entéropneuste
Déjections supposées de vers entéropneustes.

Certaines structures tubulaires souvent enroulées en spirale lâche plus ou moins hélicoidale, avec de plus rares portions subrectilignes ressemblent aux déjections de vers entéropneustes actuels (Seilacher, 2007, Osborn & al., 2011). C'est de loin le fossile le plus commun du gisement. Jusqu'à présent, le seul ver signalé dans les différents tuffeaux de Touraine et alentours est l'annélidé Filograna filosa (Dujardin, 1837) non retrouvé ici, qui se présente sous forme d'aggrégats de tubes calcaires de diamètre inframillimétrique.

Les entéropneustes se nourrissent soit en filtrant l'eau de mer, soit en ingérant le sédiment. Nous sommes vraisemblablement dans ce dernier cas ici. Ils comprennent des espèces de tailles millimétriques à métriques et occupent des environnements d'eau peu profonde, mais ayant colonisé les eaux profondes au moins dès le Trias inférieur. Dans notre cas, il s'agit d'une espèce d'eau peu profonde. Ils vivent dans des terriers dans le substrat (boue ou sable fin) ou sous les pierres.

Entéropneuste
Terriers supposés de vers entéropneustes.

D'autres structures en galeries pourraient justement être attribués à leurs terriers. Elles ressemblent en effet à ceux qui sont décrits dans le Trias moyen de Pologne par Kaźmierczak & al. (1969). D'après leurs observations, ces terriers sont présents dans les calcaires micritiques et pas les calcarénites, issues d'un lessivage prononcé et estimées plus pauvres en nutriments que les sédiments à grain fin. Mais, comme nous avons vu ci-dessus à propos de la présence de lumachelles de pycnodontes, des courants côtiers sont supposés avoir apporté les nutriments en question. Les auteurs notent également qu'une période assez longue de sédimentation faible ou absente entraîne un durcissement de la zone superficielle du sédiment (typiquement régime de hard-ground) qui arrête le dévelopement des entéropneustes. Ainsi, leur présence ici témoigne probablement de séquences à sédiment plus fin et meuble.

C'est un groupe paraphylétique appartenant au phylum des hémichordés, groupe frère des chordés qui comprennent les vertébrés.


Les nautiles

Eutrephoceras sublaevigatum
Eutrephoceras sublaevigatum (Orbigny) - 9 cm

Angulithes sowerbyanus
Angulithes sowerbyanus (Orbigny) in situ - Ø 25 cm

Deux espèces de nautiles au moins ont été rencontrées dans le gisement : Angulithes sowerbyanus (Orbigny, 1840) et Eutrephoceras sublaevigatum (Orbigny, 1850). Le premier n'est connu que dans le Tuffeau blanc de Bourré (Tintant & Gauthier in Fischer, 2006) et l'autre à la fois dans le Tuffeau blanc et le Tuffeau jaune (Lecointre, 1947).

Les nautiles font partie des fossiles rencontrés assez régulièrement. Ils sont cependant plus rares que les Romaniceras. Il sont le plus souvent représentés par leur loge d'habitation, de taille variable (10 à 20 cm environ). Les loges peu imbriqués des nautiles ont en effet tendance à se détacher assez facilement. Un Angulithes est néanmoins relativement complet.

La présence d'ammonites et de nautiles montre que le milieu était ouvert sur le large. Le mode de vie du nautile est encore assez mal connu de nos jours, bien qu'il existe encore des espèces vivantes et qu'il ait peu évolué durant les derniers 500 millions d'années. Il passe la plus grande partie de son temps dans des eaux profondes de plusieurs centaines de mètres, hors de la zone photique, mais migre la nuit vers des eaux moins profondes, voire très peu profondes (5 m), pour se nourrir. Les femelles fréquentent également les eaux peu profondes lors de la ponte, les oeufs étant généralement fixés à des rochers et dissimulés. Il n'est donc jamais très surprenant de trouver des nautiles dans des gisements littoraux. Il n'est pas non plus impossible que les coquilles aient été flottées, comme les ammonites, après la mort.

On peut imaginer que les nautiles se développaient lors d'épisodes de hard-grounds, puisqu'ils pouvaient pondre. Mais dans le même temps, ceux qui se sont fossilisés rencontraient de fait une reprise de la sédimentation.


Les oursins

Nucleopygus
Nucleopygus adhérant au Collignoniceras No 1088 - 9,5 mm

Les échinides sont rarissimes. Une association apparaît dans les loges d'habitation de deux ammonites Collignoniceratinae. Pour la première, il s'agit d'un test d'oursin isolé, de petite taille (9,5 mm) appartenant au genre infralittoral Nucleopygus Agassiz, 1840 (Cassidulidae, Cassiduloida). C'est un oursin irrégulier. Ces derniers vivent enfouis dans le sable à quelques centimètres de profondeur, se nourrissant de petits organismes et de la matière organique mêlée au sédiment. La migration en partie postérieure de l'anus, situé au croisement des zones ambulacraires permet à un des pieds ambulacraires, destiné à la respiration, de se trouver au sommet de l'oursin. Étant donnée la très petite taille de Nucleopygus, il devait être peu profondément enfoui. Les oursins irréguliers ont généralement de très petits piquants.

Nucleopygus & Phymosoma
Nucleopygus, Phymosoma et bryozoaires dans la loge d'habitation du Collignoniceratinae No 1091

Dans le deuxième cas, il s'agit d'une accumulation de Nucleopygus, de plusieurs débris de Phymosoma Haime in d'Archiac & Haime, 1853 (Phymosomatidae, Phymosomatoida) et de bryozoaires. Phymosoma est un oursin régulier dont le mode de vie diffère de Nucleopygus. Il vit sur le substrat où il se déplace grâce à ses radioles. Il se nourrit d'algues ou de coraux. Comme évoqué par le mode de vie d'autres faunes synchrones, le fond marin devait par moment proposer simultanément des zones de sédiment meuble et d'autres à substrat durci.

Ces oursins n'ont pas été préparés, dans le but conserver l'association avec les loges d'ammonites. Comme aucun des Nucleopygus ne montre complètement sa face apicale, l'espèce n'est pas nommée. Il en est de même pour le Phymosoma, qui est très fragmentaire. Néanmoins, pour information, les espèces signalées dans le Turonien de Touraine sont Nucleopygus parallelus (Orbigny, 1854) et Phymosoma bourgeoisi Cotteau, 1860). Elle n'apportent guère d'information biostratigraphique, mais comme vu plus haut lors de la description du Collignoniceratinae No 1091, il est possible qu'un banc particulier du gisement rassemble ces différents groupes.

Un autre échinide fouisseur provient du banc à huîtres Pycnodonte ou d'un banc argilo-sableux immédiatement adjacent. Il provient d'un tas de déblais issu d'un trou creusé dans le plancher (2013). C'est l'espèce Linthia verneuili (Desor, 1847), un oursin Schizasteridae commun dans le Turonien de Touraine d'où proviennent les types : "Elle (l'espèce) est spéciale à l'étage Turonien et a été recueillie à Sainte-Maure (Indre-et-Loire), et à Thaims (Charente-Inférieure), par M. d'Archiac ; à Soulatge (Aude) ; à Fumel (Lot-et-Garonne) ; et à Châtellerault (Vienne)." (Orbigny, 1848). Sa conservation n'est pas parfaite, il est un peu usé et l'apex est détruit, mais il dévoile sous la loupe binoculaire les caractères permettant de le rattacher à cette espèce et ce genre.

Linthia verneuili
Linthia verneuili (Desor) - 24 mm

En guise de conclusion

La faune décrite a le plus souvent un cachet Turonien moyen et Tuffeau blanc de Bourré ou son équivalent latéral Tuffeau blanc de Châtellerault (Médioni, 1974). Il s'agit pourtant de Tuffeau jaune. Ainsi, l'appartenance, jusque là soupçonnée mais jamais prouvée, des premiers termes du Tuffeau jaune à la zone à Romaniceras ornatissimum dans le sud-ouest de la Touraine constitue une nouveauté. Il reste maintenant beaucoup de sujets à explorer.

Vers le haut, la transition entre les niveaux à Romaniceras ornatissimum et les niveaux à Romaniceras deverianum dans le Tuffeau jaune n'a pu être mis en évidence, cette dernière espèce étant vraisemblablement absente de la coupe.

Vers le bas, la transition Tuffeau blanc de Châtellerault - Tuffeau jaune de Châtellerault, censée représenter la transition Turonien moyen - Turonien supérieur, est en réalité plus ancienne. Romaniceras ornatissimum a été trouvé dans le proche Tuffeau blanc de Châtellerault (Bert & al., 2006, sous le nom erroné de R. deverianum dans la figure 2, le texte faisant foi), ainsi que Collignoniceras woollgari. Leur distribution stratigraphique s'accorde peu ou prou avec celle des environs de Saumur (Robaszynski & al., 1982). En supposant que ce tuffeau blanc est partout plus ancien que le Tuffeau jaune de Châtellerault, ces ammonites traverseraient les deux formations entre la base et le sommet de la zone à Ornatissimum. Dans cette hypothèse, on pourrait trouver des impacts morphologiques affectant les ammonites, mais rien n'a pu être mis en avant. Cela pourrait être lié à l'insuffisance des populations récoltées, pourtant remarquable en ce qui concerne Romaniceras ornatissimum lorsque l'on sait la rareté des ammonites dans ces formations.

Mais une autre possibilité plus vraisemblable serait que le Tuffeau jaune et le Tuffeau blanc de Châtellerault soient, au moins partiellement, contemporains et représentent simplement deux faciès du même domaine de plateforme externe. Le premier, littoral proximal, soumis à une sédimentation détritique, sensible aux petites pulsations du niveau marin, aurait reçu la visite des coquilles de céphalopodes de l'autre, plus distal et plus stable, sur lequel il était ouvert. Près de Châtellerault, Romaniceras ornatissimum est cantonné au niveau 13 sensu Bert & al. (2006) du tuffeau blanc, Collignoniceras woollgari regulare n'atteint pas ce niveau et Collignoniceras cf. turoniense n'est pas cité. En procédant par quelques analogies et hypothèses, le schéma suivant peut être temporairement proposé :

Stratigraphie
Schéma stratigraphique temporairement proposé en regard de la coupe décrite par Bert & al., 2006

Les observations ayant mené à ce schéma sont les suivantes :

Comme seule analogie, il est considéré que Romaniceras ornatissimum et Collignoniceras woollgari auraient la même distribution stratigraphique qu'à Châtellerault. Et enfin, hypothèses sont faites que :

Quoi qu'il en soit, cette transition entre les deux tuffeaux n'a pu pour le moment être observée dans la région, mais il sera peut-être possible le faire dans un futur proche, avec l'espoir de récolter des ammonites autour de cette limite. Cela pourrait apporter quelques éléments de réponse à aux questions en suspens.

Dans la direction nord-ouest, on pourrait aussi imaginer trouver un équivalent dans la partie inférieure des "Sables Glauconieux" du Saumurois, région dans laquelle la zone à Romaniceras ornatissimum n'a pas été reconnue, mais qui surmontent immédiatement le Tuffeau blanc de Saumur (zones a Kamerunoceras turoniense et Romaniceras kallesi) (Robaszynski & al., 1982).

Enfin, un levé détaillé de la coupe reste à faire, mais peut-être sans récolte de macrofaune.

Remerciements

Ayant commis cet exposé et ses inévitables erreurs tout seul, je remercie un certain Jacques Lamarche qui aurait affirmé que "la découverte est un plaisir aussi subtil et intéressant que la connaissance". Je remercie aussi Gustave Flaubert, bien qu'il m'ait valu une sale note en Français au lycée des Siphonia parce que j'argumentais sans antithèse en faveur de sa parole : "pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps". Eh bien, j'acquiesce une nouvelle fois tout en prenant garde de ne jamais regarder les faits inintéressants.

Le vrai commencement fut la découverte du gisement. L'ubiquiste Frédéric Diebold m'y conduisit la première fois. L'éloignement géographique en fit notre seule prospection commune de ce gisement. Comme à son habitude, il y trouva à deux doigts de mon regard le seul Romaniceras présent ce jour là, l'excavation étant encore relativement réduite. Depuis, persévérance valant plus que chance, je me suis bien rattrapé pendant qu'il planchait sur la limite Turonien-Coniacien. Merci Docteur.

Je remercie Bertrand Matrion, spécialiste du Turonien entre autres, qui eut avant moi l'intuition d'attribuer ces Romaniceras à l'espèce ornatissimum, alors que j'étais encore dubitatif. Je sais maintenant les reconnaître, même quand ils cachent leurs 11 rangées !

Je remercie Patrice Ferchaud, connaisseur de la région, pour les précisions qu'il m'a apportées quant à l'observation du gisement.

En 2002, le regretté Louis Rentien m'avait prêté les plus belles ammonites de sa collection du Tuffeau de Saumur pour mon exposition et m'avait permis d'en publier les photos. J'ai repris une de ces images ici. J'aurais aimé pouvoir le remercier de nouveau.

Je remercie Eddy Métais, qui m'a envoyé des photos de sa collection d'ammonites du Tuffeau jaune de Touraine et m'a permis de les figurer selon mes souhaits. Je remercie Cyril Baudouin, qui m'a également prêté une photo d'un de ses Romaniceras deverianum du Vaucluse, où il semble avoir dégoté lui aussi un gisement inespéré. Pour m'avoir également permis de figurer un Collignoniceras de ses récoltes, je remercie Gérard Bertrand.

Je remercie Jean-Christophe Dudicourt et Didier Néraudeau pour leurs déterminations d'échinides, qui m'ont libéré d'une fastidieuse recherche documentaire dans un groupe dont je connais mal la taxinomie.

Je pense également à Émile Hourqueig, pour cette excursion mémorable et ensolleillée. Certains Romaniceras de cette population sont visibles sur son site Paléothèque.

Je remercie la relectrice patiente et de bon conseil, aimant le terrain et à ses heures inventrice d'intéressants candidats microconques et de démosponges. Bienvenue dans cette spirale.

Et, au fond, je remercie la Touraine. Les ammonites y sont si rares qu'elle vous admet un peu comme un pan de son terroir lorsqu'elle daigne vous les dévoiler. Comme le Périgord.

Terroir
Inscription sur la tour de l'horloge de la forteresse de Chinon.

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Contenu révisé le 1er mai 2013 - 1ère publication le 15 janvier 2013 - ©Hervé Châtelier 2013